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 on Thu, 24/05/2007

Haïti est à la Une du Development Marketplace cette année. Sur 104 finalistes, 3 viennent de Haïti, et 2 sont parmi les 22 lauréats.

Le 1er projet, et lauréat du concours, a pour objectif d’améliorer la santé en créant des micro-entreprises spécialisées dans la production et la vente de charbon de bois propre. En effet, en Haïti, la moitié de la population utilise des résidus issus du bois ou de l’agriculture pour la cuisson, et la respiration de ces fumées entraîne des infections respiratoires aiguës. Pour en savoir plus >> fiche sur le projet (en anglais)  

Le 2ème projet, et lauréat également, touche à la malnutrition. Lisez ce post et regardez la vidéo pour en savoir plus.

Le 3ème projet a pour objectif de fournir des soins VIH de qualité aux patients en milieu rural. Le projet fonctionne avec des « accompagnateurs », c’est-à-dire du personnel local formé et payé par les communautés. Le manque de personnel qualifié est un obstacle considérable dans le traitement et la lutte contre le VIH. L'innovation du projet réside dans ce concept des « accompagnateurs », et le but est de fournir des soins à plus de 10.519 personnes atteintes du SIDA.  Pour en savoir plus  >> Fiche sur le projet (en anglais)

 on Wed, 23/05/2007

J’ai eu la chance de rencontrer une des équipes gagnantes de la Foire du développement 2007 : celle du projet « Home-based Public Malnutrition Treatment in Haiti » (Traitement à la maison de la malnutrition en Haïti).

Un enfant sur sept souffre de malnutrition en Haïti. Ce fléau ne tue pas tous les enfants qu’il touche, mais ne
laisse pas les survivants sans séquelles. Aujourd’hui, 162 000 enfants comptent sur un système de santé publique qui ne peut pas prendre en main autant de patients.
La malnutrition chez les enfants est un problème complexe, auquel l’équipe offre une solution plus simple, plus
efficace, et moins chère que celles qui sont déjà en place. Fini le rations sèches, le gavage, l’hospitalisation!

Et bienvenue à une thérapie qui consiste à manger un dérivé du beurre de cacahuètes… chez soi !
Un des membres de l’équipe nous a parlé du projet, de leur plan d’expansion, et de leurs expériences à la Foire du développement 2007…

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Pour en savoir plus sur ce projet (En Anglais) Cliquez ici:

 on Wed, 23/05/2007

Je viens de rencontrer Carla Brown-Ndiaye. Elle est la représentante résidente du « Catholic Relief Services » au Bénin et est responsable d’un projet dont l’objectif est de réduire la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans dans la région d’Atacora (Bénin).

Son projet m’a touché car l’approche est innovante. Pour régler les problèmes de malnutrition, le projet s’appuie sur les mamans. Ce sont les mamans qui conseillent d’autres mamans ; ce sont des femmes qui partagent entre elles leurs expériences. On est plus sur le modèle traditionnel où le médecin, le nutritionniste, l’ « expert » en quelque sorte donne des directives aux mères.

Je peux m’identifier avec ces mamans de Toucoutouna au Bénin. Je me souviens quand je suis devenue maman moi aussi. On est vulnérable, il y a tant de choses que l’on ne sait pas. Il n’y a pas de « guide du bébé ». On apprend sur le tas, et parfois on ne se sent pas forcément à la hauteur. Alors bien sûr, le médecin, le pédiatre sont là (et leur expertise est essentielle) mais parfois on a l’impression que leurs connaissances, leur « autorité » sont théoriques uniquement. OK, il faut nourrir bébé à telle heure avec telle ration, il faut faire ceci et cela… mais que faire quand bébé n’en veut pas de sa ration ? Que faire quand on n’y arrive pas ? Quand on est dans une situation difficile, la « théorie » venant de l’ « expert » a des limites. Et ce parce que l’angle du médecin ou du pédiatre est centré sur l’enfant et ses besoins, mais pas sur la maman et les difficultés qu’elle rencontre.

Rien ne remplace une discussion avec une autre maman. Rien ne remplace de s’entendre dire : « Ah oui, moi aussi j’avais ce problème », ou « Ne t’inquiète pas c’est normal…. Tiens voilà ce que moi j’ai fait …. ».

Je peux m’identifier à ces mamans au Bénin. Bien sur le parallèle a ses limites. Je vis aux USA avec un accès facile aux soins de santé. Mais en tant que jeune maman, en tant que femme, moi aussi je me souviens des difficultés des premiers jours, des premiers mois. Je me souviens des conseils du pédiatre auquel parfois j’avais envie de dire « oui, mais en fait, dans la réalité c’est plus compliqué, ca ne marche pas … »… et je me souviens aussi de discussions avec d’autres mamans, dont les premiers mots étaient souvent « C’est normal… », « Moi aussi, j’ai ce problème … » on n’est plus la maman qui ne sait pas faire, et on devient la maman qui apprend, qui va essayer, qui va pouvoir partager, et qui à la fin du compte, quelques mois plus tard, est en mesure de pouvoir aider une autre maman.

La force de ce projet, c’est qu’il donne confiance aux mamans. C’est un projet qui croit en ces mamans, en ces femmes. Et c’est pourquoi je pense que ce projet peut avoir un impact réel.